Randonner avec ses enfants - Bruno TOMOZYK témoigne - 4 (rédigé par "VOYAGEZ RANDO" )

Bruno, l’auteur des photos de cet article, et sa femme Karine, randonnent beaucoup avec leurs jumeaux Moran et Stérenn. Bruno nous livre ses « trucs » pour que les enfants aient toujours envie d’avancer…

« Pour nous la rando, c’est le déplacement, et dès que les enfants ont eu six mois, on a commencé à les transporter dans une carriole assez large pour les mettre tous les deux, que l’on accrochait derrière un vélo. On en avait choisi une qui se transformait en vraie poussette une fois détachée du vélo, et avec laquelle on pouvait aussi marcher et même courir un peu dans de bons chemins. Dès qu’ils ont eu un an et demi, on les a emmenés dans une longue randonnée itinérante en vélo, 800km entre Innsbruck et Vienne, ce qui les a habitués très tôt au changement de décor tous les soirs. Nous ne sommes pas passés par la phase où on les porte sur de dos. Durant cette période, nous faisions des déplacements en vélo, plutôt qu’en marchant. Ensuite, ce n’est qu’à l’âge de 4 ou 5 ans, qu’on leur a fait faire de petites marches à pied, pour faire le tour d’un village ou aller visiter quelque chose, et en les intégrant tout naturellement à nos propres déplacements. Ca commence comme ça. Il ne faut pas s’imaginer dès le départ, faire de vraies randonnées avec de jeunes enfants. Il faut vraiment adapter la longueur des balades aux capacités et aux envies des enfants, et les allonger progressivement au fur et à mesure qu’ils grandissent.

Ne pas renoncer à la première plainte de l’enfant !

On voit beaucoup de parents qui abdiquent à la première difficulté, et abandonnent l’idée de faire marcher leurs enfants. Il faut au contraire trouver des artifices pour que la rando se passe le mieux possible. Il faut surtout varier les paysages, que ce soit à la campagne, en bord de mer ou en montagne, ainsi que les moyens de transport, le vélo étant parfois plus adapté sur certains parcours très roulants, pour être cohérent par rapport à la découverte d’un milieu. On est souvent étonné de voir à quel point un gamin peut s’émerveiller avec trois fois rien ! Les parents doivent avoir la capacité à amener de l’intérêt à un lieu qui pourrait paraître banal au premier abord. A partir du moment où l’enfant a dans la tête, un thème ou un objet d’observation, il va parcourir deux fois plus de distance que s’il n’est pas motivé. C’est la même chose en ski de fond par exemple, où l’enfant en aura marre au bout de quelques kilomètres, alors que si on lui donne une petite carabine pour faire un parcours de biathlon, il sera pris par le jeu et fera facilement le double ou le triple de distance sans se lasser. Avant de partir, il faut donc réfléchir à la manière dont on va pouvoir donner aux enfants, l’envie de partir à la découverte d’un endroit qui sera le point fort, voire le but de la balade. En dehors des endroits exposés, il faut aussi leur laisser un peu de liberté, leur laisser faire leurs expériences, tout en les surveillant à distance. Il faut les sensibiliser sur les vrais dangers, mais les laisser courir ou grimper lorsque c’est possible.

Etre à l’écoute de l’enfant

Ce sont bien sûr les parents qui vont emmener les enfants à la découverte d’un milieu. Par contre, une fois qu’on y est, il faut être très à l’écoute de la sensibilité des enfants et des questions qu’ils vont poser. Tant qu’on parle avec eux, il n’y a aucune raison qu’ils se plaignent de quoi que ce soit. C’est d’ailleurs mieux de faire des balades en famille avec le papa et la maman, parce que chacun des d’eux sera plus à même de répondre à des thèmes différents de questions. Ainsi, les personnalités se complètent bien, c’est plus convivial, et on est plus à même de remplir les deux ou trois heures de rando. Pour choisir des parcours intéressants, et avoir des renseignements sur les curiosités rencontrées, on peut s’aider de topoguides, spécialisés ou non dans les balades pour enfants. Par contre, il ne faut pas non plus « gaver » les enfants de notions trop scientifiques. Il faut surtout être attentif à son environnement en essayant de le partager par petites touches avec les enfants, et d’éveiller leur intérêt. Rien que trois ou quatre vaches qui sortent d’une ferme, ça met de l’animation, ça suscite les questions et ça redonne l’envie d’aller plus loin. Louer un âne par exemple, est une excellente façon de motiver les enfants à marcher. Emmener un petit copain ou une petite copine, est aussi un bon moyen de stimuler l’enfant et d’éviter l’ennui. »

// TEXTES Isabelle GUILLOT // PHOTOS Bruno TOMOZYK

 

Article publié dans la revue VOYAGEZ RANDO n°4 Avril - Mai - Juin 2011 - avec son aimable autorisation

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